La loi Le Meur du 19 novembre 2024, dite loi anti-Airbnb, s'applique par étapes depuis sa publication. Mis à jour en octobre 2026, ce guide fait le point sur ce qui s'applique aujourd'hui : le téléservice national d'enregistrement prévu au quatrième trimestre 2026, les plafonds du micro-BIC pour les revenus 2025 et 2026, la limite de 120 jours que les communes peuvent abaisser à 90, l'interdiction en copropriété à la majorité des deux tiers validée en mars 2026 et les amendes prévues par la loi, avec leur contexte et leur impact sur le marché locatif.

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Démarrer l'essai gratuitMise à jour octobre 2026 : ce qui s’applique aujourd’hui
Depuis sa création en 2008 aux USA par Brian Chesky, Nathan Blecharczyk et Joe Gebbia, Airbnb a révolutionné l’industrie touristique. En proposant une alternative aux hôtels, la plateforme a permis à des millions de voyageurs de bénéficier d’hébergements uniques et souvent moins coûteux. Au 30 juin 2024, Airbnb comptabilise plus de 8 millions d’annonces actives dans le monde.

Toutefois, cette croissance fulgurante n’est pas sans conséquences. En France, de nombreuses municipalités, particulièrement sur les littoraux et dans les zones de montagne, alertent sur la tension immobilière qui s’est accrue depuis 10 ans. Tension immobilière qui pourrait être liée en grande partie à l’impact des locations saisonnières.
L’augmentation des locations de courte durée a provoqué une raréfaction des logements disponibles pour les résidents permanents.
Depuis 2021, l’évolution des loyers des logements de petites surfaces a augmenté en moyenne d’environ 15% dans les villes sans encadrement des loyers (et de 8,8% dans celles pratiquant l’encadrement des loyers (Source).
Par ailleurs, des collectifs citoyens et des municipalités ont exprimé des inquiétudes concernant l’impact sur la vie locale, avec une baisse de la disponibilité des logements longue durée.
Ainsi depuis plusieurs années, il existe un vrai arsenal de mesures à disposition des communes pour réguler l’offre de locations airbnb. Ces mesures qualifiées d’anti airbnb peuvent être classées en fonction de leur degré de contrainte pour les propriétaires airbnb.

Pour les revenus perçus à partir du 1er janvier 2025, les règles fiscales ont changé drastiquement :
Ces mesures visent à réduire l’attrait fiscal des locations saisonnières au profit des baux longue durée.
En France métropolitaine, les nouveaux meublés de tourisme situés en zones tendues et soumis à autorisation de changement d’usage devront respecter les critères suivants :
Cette règle s’inscrit dans une volonté globale de lutter contre les passoires thermiques.
La durée maximale de location saisonnière d’une résidence principale reste fixée à 120 jours par année civile par défaut, mais une commune peut désormais l’abaisser jusqu’à 90 jours par an par une délibération motivée de son conseil municipal.
Paris est la première ville qui a appliqué cette limite de 90 jours par an, depuis le 1er janvier 2025, comme durée maximale pendant laquelle les résidences principales peuvent être louées à des touristes. De quoi donner des idées à d’autres municipalités !
Dépasser ce plafond expose à une amende civile pouvant atteindre 15 000 €, montant fixé par la loi Le Meur (la fiche Service-public, vérifiée le 21 mai 2026, indique encore 10 000 € : renseignez-vous auprès de votre mairie).
Les municipalités disposent de pouvoirs élargis pour :
Toutes les locations de meublés touristiques devront faire l’objet d’un enregistrement auprès d’un téléservice national dédié. La loi fixait l’échéance au plus tard au 20 mai 2026, mais l’État prévoit désormais d’ouvrir ce téléservice au quatrième trimestre 2026. D’ici là, l’enregistrement est obligatoire dans les communes qui ont mis en place leur propre procédure, et à l’ouverture du téléservice national, les numéros délivrés par les communes devront y être renouvelés pendant une période de transition de plusieurs mois (Service-public). Le propriétaire bailleur devra apporter la preuve que le logement proposé à la location est bien sa résidence principale, en fournissant son avis d’imposition établi à son nom avec l’adresse du meublé de tourisme.
Depuis 2025, tout copropriétaire qui déclare un bien en mairie comme meublé de tourisme devra également informer son syndic de copropriété.
Par ailleurs, lorsque le règlement de copropriété comporte une clause d’habitation bourgeoise, les copropriétaires peuvent désormais interdire les meublés de tourisme dans les lots qui ne sont pas une résidence principale par un vote à la majorité des deux tiers, au lieu de l’unanimité. Le Conseil constitutionnel a validé cette règle le 19 mars 2026 (décision n° 2025-1186 QPC).
Concernant les nouveaux règlements de copropriété : ils pourront interdire ou autoriser les meublés de tourisme dans les immeubles concernés.
🍿 Profitez de la vidéo de Bassel Abedi qui décrypte cette nouvelle loi budget 2025 dite “anti airbnb”. Quel impact si vous faites du Airbnb et/ou du LMNP ? 👇
La loi anti-Airbnb vise en premier lieu à aligner les objectifs de location avec ceux de la transition énergétique. En imposant des diagnostics de performance énergétique (DPE) obligatoires pour les meublés de tourisme, elle contraint les propriétaires à rénover leurs biens pour réduire leur consommation énergétique. Ces mesures participent également à la lutte contre les passoires thermiques, une priorité nationale dans le cadre des objectifs climatiques de la France.
L’autre grand objectif de cette nouvelle loi est de préserver l’accès au logement pour les habitants permanents. En ayant l’autorisation de limiter la durée de location des résidences principales à 90 jours par an, les communes entendent dissuader les propriétaires de privilégier les locations saisonnières au détriment des baux longue durée.
De plus, la révision de la fiscalité rend les locations classiques plus attractives, rééquilibrant ainsi l’offre locative en faveur des résidents permanents.
Les propriétaires, s’ils souhaitent devenir hôtes airbnb, devront si besoin effectuer des travaux de rénovation énergétique pour se conformer aux nouvelles exigences du DPE. Cette mise en conformité représente un investissement significatif, mais pourrait également valoriser les biens à long terme.
Les propriétaires bailleurs devront également respecter les différentes réglementations de la ville dans laquelle se situe leur meublé de tourisme, et se tenir informé régulièrement de leur mise à jour.
Beaucoup de propriétaires ont de réelles inquiétudes face à une perte potentielle de leurs revenus et des nouvelles contraintes administratives. Cependant, certains y voient une opportunité de professionnalisation de leur activité.
Le durcissement des sanctions risque de dissuader les contrevenants. Les bailleurs devront également s’assurer de suivre les procédures d’enregistrement et de respecter les quotas locaux.
Voici une liste non exhaustive des amendes maximales prévues par la loi Le Meur (loi n° 2024-1039 sur Légifrance). Les montants liés à l’enregistrement et au plafond de jours s’appliquent au plus tard depuis le 20 mai 2026, mais la fiche Service-public, vérifiée le 21 mai 2026, affiche encore les anciens montants (5 000 € pour le défaut d’enregistrement, 10 000 € pour le dépassement du plafond de jours) : vérifiez auprès de votre mairie.
La diminution des biens disponibles pour la location saisonnière pourrait entraîner une baisse des loyers dans les zones tendues, selon une étude de l’Institut Montaigne (2023).
La diminution du nombre de biens disponibles pour la location saisonnière devrait influencer les prix des loyers dans les zones tendues. Une partie des locations touristiques pourrait revenir sur le marché locatif traditionnel, contribuant à modérer les hausses de loyers observées ces dernières années. Cependant, ces effets pourraient varier en fonction des politiques locales mises en place par les municipalités.
Pour rappel, toutes ces mesures visent à rééquilibrer l’offre locative en faveur des résidents permanents. En libérant des logements initialement destinés au tourisme, cette loi anti-airbnb pourrait améliorer l’accessibilité des logements dans les centres-villes, notamment pour les ménages à revenus modestes ou moyens. Ce changement pourrait également redynamiser les quartiers historiquement affectés par une mono-activité touristique.
Mais les plateformes se défendent en apportant des contre-arguments. En effet, la crise du logement en France a bien d’autres facteurs plus ou moins anciens tels que le manque de constructions neuves, la grande proportion de logements vacants ou de résidences secondaires, les évolutions démographiques polarisées dans les zones tendues, ou encore des facteurs macro-économiques (taux d’intérêt, revenus des français…).
La loi anti-Airbnb marque une étape majeure dans la régulation des locations courtes durées. En réconciliant les besoins des habitants et les opportunités économiques, elle redessine l’équilibre entre tourisme et vie locale. Si ces réformes sont ambitieuses, leur succès dépendra de leur mise en application selon les réalités de chaque marché local; et de la capacité des acteurs à s’y adapter ! Enfin, ces mesures dédiées à la régulation des meublés de tourisme doivent être accompagnées de réformes à plus large échelle pour solutionner la crise du logement. Comme l’accélération de la construction de logements neufs et la rénovation des logements vacants.
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